I - L'Histoire du tatouage

3) Le tatouage Africain

Depuis les premiers tatouages, on peut distinguer sur le continent Africain deux styles bien différents. D’une part le style qu’adopte les africains du nord, qui repose sur des formes géométriques d’autre part un style tribal qu’arbore la population des pays subsahariens.

 

  • L'Egypte :

 

En Egypte, la pratique du tatouage remonte très loin dans le temps notamment avec la découverte de momies datant de 2000 av. J-C.

Plusieurs hypothèses sur les desseins de cette pratique en Egypte ont été formulées. Le tatouage pourrait être à visée esthétique, superstitieuse ou encore médicale comme dans la vallée du Caire où les égyptiens se tatouaient une croix sur le front et un oiseau entre les bords externes de l’œil afin de lutter contre les maux de tête et la faiblesse d’esprit.

Mais il pourrait également avoir un rôle commémoratif comme chez les Coptes, des chrétiens d’Egypte, qui marquaient définitivement sur leur peau la date de leur pèlerinage à Jérusalem.

Pour réaliser ces tatouages les égyptiens utilisaient des aiguilles ainsi qu’un mélange de noir de fumée et de lait de femme.

C’est une coutume essentiellement pratiquée par les paysans (musulmans ou chrétiens). Ils arboraient des motifs figuratifs ayant un but religieux et superstitieux. Par exemple le poisson symbolisant la fertilité, la chance et la protection. Les dessins pouvaient également être de simples signes géométriques, le point avait un rôle magique, le cercle délimitait la partie malade ou à protéger.

 

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tatouage coptes

 

  • L'Afrique du Nord :

 

En Afrique du nord, l’apparition des premiers tatouages est supposée dater de 3000 ans av. J-C.

Les tatouages avaient un rôle cérémonial mais surtout prophylactique, car ils étaient considérés comme un remède face aux maladies qu’ils pensaient surnaturelles. Pour s’en prémunir, ils tatouaient des symboles dont les significations étaient diverses. Les symboles que l’on trouvait le plus fréquemment étaient des croissants, des lignes verticales, des losanges ou encore des fleurs de lys.

Chez les femmes, ces tatouages étaient souvent disposés sur le visage contrairement aux hommes qui ne se le tatouaient pas.

Chez les paysans, le marquage de la main droite était fréquent, car celui-ci serait magique est bénéfique pour son porteur en le protégeant d’accidents corporels et en lui octroyant force et vigueur.

Pour se tatouer, les femmes n’avaient pas besoin de l’accord de leur mari, c’était un choix, un acte libre et personnel. Elles se faisaient tatouer par une professionnelle âgée et expérimentée qui passait de village en village. Pour réaliser cette pratique, elle nettoyait le front dont elle frottait la peau jusqu’au sang à l’aide d’un tissu rêche, par la suite, elle dessinait des motifs avec une lancette puis elle appliquait une compresse de couleur.

Cependant, l’Islam étant la religion dominante en Afrique du nord, elle interdisait le tatouage permanent. Néanmoins le tatouage resta très répandu car le passé et les coutumes surpassèrent les lois de la religion.

Pour se tatouer et respecter la religion les femmes firent appelle à la technique du mehndi qui consiste à utiliser du henné pour réaliser des dessins éphémères sur les pieds ainsi que les mains.

 

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tatouage temporaire au henné

 

  • Tatouage d’Afrique noire :

Dans les pays d’Afrique subsaharienne, le tatouage le plus répandu et le plus fréquent était tribal, il était effectué par scarifications.

Dans le peuple  « Sarakole » d’Afrique Occidentale, les jeunes filles âgées de 13/14 ans se faisaient tatouer les gencives en bleu à l’aide d’une épine.

Chez les « Konkomba » les hommes et les femmes avaient le torse scarifié et arboraient des dessins noircis par le charbon sur leur visage représentant la tribu.

Le tatouage avait plusieurs significations selon les tribus et les pays. Dans certains pays ils avaient pour but d’embellir la personne les portant ainsi que de la vêtir alors que dans d’autres communautés, il était un symbole signifiant le passage d’un état à un autre par exemple le passage de l’adolescent à l’adulte. Les tatouages étaient également utilisés afin de différencier les esclaves des civils car les personnes portant un tatouage tribal pouvaient prouver leur identité contrairement aux esclaves qui n’en avaient pas.

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tatouage Sarakole

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