I - L'Histoire du tatouage

5) Le tatouage Européen

 

A travers les âges, il y eu beaucoup d’usage du tatouage en Europe. Son histoire est assez floue, cette pratique se serait éteinte au Moyen-âge suite à la condamnation de l’Eglise qui considérait le tatouage comme une marque du démon.

Néanmoins les romains l’utilisaient pour marquer les soldats de la légion romaine d’un aigle et du nom du général dont ils dépendaient. A la même période, en Grèce, les esclaves étaient contraints de se faire tatouer la première lettre du nom de famille de leur maître entre les yeux mais également une chouette ou un vaisseau de guerre sur le front.

Le tatouage fut interdit par le Pape Adrien 1er en 787 car la bible proscrit toutes les modifications corporelles. Ce qui n'empêcha pas le tatouage de réapparaître au XVIIIème siècle. C'est à leur retour de Polynésie que les Européens ont rapporté la pratique du tatouage. En Europe, il fut une marque de courage, de noblesse, un signe protecteur ou une décoration. C’est notamment grâce aux navigateurs tels que James Cook lors d’explorations dans le Pacifique sud que le tatouage a réapparu en Europe. Les expéditeurs ramenèrent de leurs périples à travers le monde des souvenirs inscrits à jamais sur leur chair. Il s’agissait généralement de crucifix sur l’ensemble du dos pour se prémunir de la flagellation en cas de punition. Beaucoup de leurs tatouages étaient réalisés par les indigènes des nouveaux pays et îles explorés ou étaient des répliques de tatouages vu sur certaines populations, que d’autres marins reproduisaient sur eux. Au retour de ces voyages, le tatouage devint un véritable spectacle notamment à cause de l’exhibition des indigènes capturés et par les mensonges des marins inventant des tatouages contraints. A cette période le tatouage était donc assimilé à la violence et à la barbarie des indigènes.

 

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tatouage marin


 Le tatouage devint alors un véritable système d’identification, il fut un moyen sûr et efficace de renseignement avant l’arrivée de la photo d’identité. Jusqu’au XIXème siècle, les fiches de police comportaient la description de chaque tatouage de l’individu permettant de l’identifier sans erreur.

Durant la seconde guerre mondiale, les Nazis d’Auschwitz mirent en place un système d’identification consistant à tatouer sur l'avant-bras le numéro de matricule du détenu du camp. Après la guerre, les survivants des camps eurent des réactions différentes : la majorité d'entre eux les conservèrent alors que certains les firent effacer. A cette période, les soldats de la Waffen-SS étaient également tatoués. Ils faisaient écrire leur groupe sanguin sur la face intérieure du biceps gauche. Ce tatouage ne comportait qu'une seule lettre. Après la guerre, ces marques facilitèrent l'identification de certains ex-SS.

 

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                                             Marquage d’Auchwitz

 

Suite à la guerre, les européens associèrent le marquage corporel à la criminalité. Cette réputation était due à la pratique du tatouage dans les prisons. Effectués avec des moyens de fortune, ils devaient être cachés car une telle pratique était interdite. Pour les détenus, elle représentait une part de liberté, ce fut une manière de revendiquer leur existence malgré leur enfermement. Cette mauvaise réputation fut accentuée par le marquage des prostituées  qui s’inspiraient  des criminels qu’elles fréquentaient mais également par la manière d’afficher l’appartenance à un groupe de quartier, une bande.

Ce n’est que vers les années 1970, que le tatouage commença à se populariser en Europe avec l’arrivée du mouvement hippie. Peu à peu cette pratique se démocratisa et l’on pu observer de plus en plus de personnes arborant publiquement des tatouages à l’image de stars du sport, de la musique et du cinéma.

 

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