I - L'Histoire du tatouage

2) Le tatouage Asiatique

En Asie, les styles de tatouages les plus connus sont ceux des deux plus grandes puissances du continent, c’est-à-dire, le style Japonais et le Chinois. Cependant les Japonais sont les premiers à utiliser cet art au sein de leur communauté. Le style Chinois apparu bien après présente quelques similitudes avec les mœurs du pays voisin cependant il se démarque sur certains points.

  •  Le Japon :

 La technique du tatouage traditionnel japonais porte plusieurs noms : Irezumi ou Horimono. Horimono désigne l'ensemble des tatouages. Irezumi signifie « insérer de l’encre », c’est le terme utilisé en général pour désigner le tatouage traditionnel couvrant de larges parties du corps, contrairement au terme précédent, irezumi désigne un sens plus péjoratif et discriminatoire de cette pratique.


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 tatouage japonais

 

Le  tatouage existe dans certaines tribus depuis la préhistoire comme par exemple chez les Aïnous, population pionnière  du Japon. Cette tribu avait pour tradition de marquer définitivement le visage des femmes avec des symboles en forme de moustaches juste au-dessus des lèvres avant leur mariage.

Ces marques permettaient de les préserver des rapts qui les menaient dans des maisons closes japonaises. Cependant le but de leurs tatouages reste mal connu. Quelques hypothèses évoquent un rôle de protection, d’évacuation du sang impur mais aussi une acquisition de force ou même un rôle simplement symbolique.   


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 Des Ainous.

 

Par la suite, au cours du Vème siècle, les tatouages servaient à punir les criminels, en marquant l’individu à vie, au même titre que l’ablation d’une main ou d’une oreille. Plus tard, les prostituées se démarquèrent en se tatouant elles-mêmes sur les bras, le dos des mains, la poitrine ou le visage. C’est à la suite de ces pratiques que le tatouage a été assimilé aux mauvaises mœurs de la société japonaise.

En 1872, l’empereur Mutsuhito prohiba officiellement la pratique du tatouage mais l’abolition de cette mise en place fut imminente.

Aux alentours du VXIIIème siècle, les hommes dont le métier était difficile comme par exemple les pompiers ou les charpentiers se firent tatouer des animaux réputés pour leur virilité tels que des lions, des tigres ou des coqs. C’est à ce moment que le tatouage japonais connu son apogée et que sa réputation s’améliora.

Mais celle-ci rechuta suite à son utilisation par les Yakusas, membres de la mafia japonaise, qui l’utilisa comme un initiateur à la communauté criminelle en forçant les nouveaux membres à se faire tatouer. Ces marques sont réputées pour être de véritables œuvres d’arts grâce à leur grande richesse artistique. Les motifs de ces dessins sont essentiellement figuratifs comme par exemple des fleurs, notamment des chrysanthèmes qui sont les fleurs nationales, des paysages, des animaux tels que des chats, des poissons et des papillons.

Pour effectuer ces dessins les japonais utilisaient des aiguilles en acier fixées sur un manche en os à l’aide d’un fil de soie. Le colorant le plus utilisé est l’encre de chine mais les japonais employaient également la poudre riz pour effectuer un type de tatouage original qui est le « tatouage négatif ». Il s’agit d’un tatouage révélé par la chaleur et qui n’est visible qu’à certaines occasions telles que l’excitation, les bains chauds  ou encore sous l’emprise de l’alcool. Dans ces conditions le tatouage se teint en rouge et devient visible. En japonais il est appelé «kakushibori » se qui signifie « tatouage caché ».

Malgré une évolution des mentalités, encore aujourd’hui le tatouage est mal vu au Japon, les tatoués sont par exemple interdits dans les piscines publiques.

 

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 Des Yakusas

 

  • La Chine :

 

En Chine, le tatouage est très peu étudié à la différence du tatouage japonais. Un grand travail reste à faire. L’histoire du tatouage en chine est récente en comparaison aux autres populations.

Cette pratique serait apparue il y a environ 3000 ans, cette hypothèse fut confirmée par la découverte, en 1986 au nord-ouest de la chine, de corps bien conservés présentant des marques indélébiles.

Auparavant, le tatouage figurait parmi les pires sentences aux côtés de la mort, de la castration et de l’amputation du nez et des pieds. Ils étaient considérés comme une marque humiliante et une indication publique facilement discernable. Mais le rôle du tatouage n’était pas le même dans toute la Chine, il variait de région en région.

Dans certaines, il était appliqué pour faciliter des thérapies médicales telles que les radiothérapies externes en traçant des points sur la zone tumorale à irradier.

Bien que l’histoire du tatouage en Chine soit peu connu, on distingue cependant trop minorités chinoises : Drung, Li  et Dai, où les jeunes filles (et les jeunes hommes chez les Dai) étaient tatouées vers 13 ans en signe de maturité.

Les femmes Drung ainsi que les femmes Li portaient des dessins entre les sourcils, sur les joues et autour de la bouche de telle manière qu’elles formaient un papillon. Ces tatouages avaient pour but d’enlaidir les femmes pour éviter les violes et les enlèvements des groupes ethniques rivaux.

Les femmes Dai se tatouaient le dos des mains, les bras et entre les sourcils alors que les hommes se tatouaient sur les biceps, le dos et la poitrine afin d’exhiber leur masculinité.

 

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                                                               Femme Drung

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